COULEUR DE L'AUBE (LA)

COULEUR DE L'AUBE (LA)

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LA COULEUR DE L'AUBE. Angélique se lève tous les matins la première, dans la petite maison des faubourgs de Port-au-Prince qu'elle partage avec sa mère, sa soeur Joyeuse, et son jeune frère Fignolé. Dans l'aube grise de février, l'inquiétude l'étreint : Fignolé n'est pas rentré et toute la nuit les tirs n'ont cessé de gronder au loin... Angélique la sage est une fille soumise, une soeur exemplaire, une femme de trente ans en apparence résignée. Sa famille, le fils qu'elle a eu par accident, les malades de l'hôpital, constituent son unique horizon. Joyeuse, la belle, la sensuelle, n'a pas abdiqué, elle, sa liberté, sa révolte, son désir de bonheur et d'une vie meilleure, malgré la misère, la violence, les rackets et les enlèvements qui sont lot quotidien. Épaulées par leur mère, figure protectrice et pivot du foyer, à l'image de ses chères divinités vaudou, les deux femmes tentent de retrouver la trace du jeune homme. Au fil de la journée et de leur enquête, Angélique et Joyeuse, en réalité les deux visages du même désespoir, dessinent de la ville une géographie apocalyptique. Fignolé, militant déçu du parti des Démunis, s'est perdu dans les méandres d'une impossible lutte, dans les hasards du désordre absolu. Yanick Lahens, en dépeignant avec une remarquable économie de moyens le destin d'une famille hélas ordinaire, construit l'allégorie d'un pays où la monstruosité voudrait se faire loi. Mais son livre est poignant parce qu'à chaque page sourd la révolte et éclate la volonté de vivre. YANICK LAHENS vit en Haïti. Écrivain, elle brosse sans complaisance la réalité caribéenne, tant dans ses romans - le premier, Dans la maison du père, est paru au Serpent à plumes en 2000 - que dans ses nouvelles et ses essais. En dehors de l'écriture, elle intervient comme consultante et vient de créer une fondation agissant auprès des jeunes pour l'éducation et le développement durable. Extrait du livre : J'ai devancé l'aurore et j'ai ouvert la porte sur la nuit. Non sans avoir posé les deux genoux par terre et prié Dieu. Comment ne pas prier Dieu dans cette île où le Diable a la partie belle et doit se frotter les mains. Dans cette maison où, sans crier gare, jour après jour, il a établi ses quartiers. Trois fois de suite j'ai répété un psaume de David en prenant soin d'appuyer sur chaque syllabe pour être certaine qu'en parlant si intensément à Dieu je fasse oeuvre qui vaille. Que le ciel au-dessus de ma tête ne soit pas qu'une moitié de calebasse vide : Quand les méchants s'avancent contre moi Pour dévorer ma chair... Toute la nuit mes yeux ont scruté les ombres. Toute la nuit j'ai prêté l'oreille au crépitement de la mitraille au loin. On voudrait toujours l'imaginer loin. Très loin. Jusqu'au jour où la mort vient saigner à notre porte. Jusqu'au jour où elle éclabousse nos murs. Comme les autres, tous les autres, j'attends...